La Loire est, dit-on, le dernier fleuve
sauvage de France.
Et il est vrai que ses sautes d'humeur,
ses crues brutales et les bancs de
sable asséchés de ses bouderies
estivales en font le cours d'eau le plus imprévisible
qui soit…
Mais quiconque a flâné sur ses
rives, rêvé au pied de ses châteaux,
parcouru les ruelles de ses cités
anciennes, comme le terme "sauvage"
apparaît inapproprié pour désigner
le plus humanisé des fleuves, si éminemment
civilisé que nul ne s'étonne
du classement de son Val au Patrimoine Mondial
de l'Humanité.
Avec la Loire, toutes les rivières semblent
bénéficier de cet état
de grâce :
- le Loiret lui-même, tout d'abord,
qui né dans un Parc
Floral, semble sur
ses 12km de son cours vagabonder dans un arboretum
;
- le Loing, chéri des peintres,
qui a fait de Montargis une improbable Venise
gâtinaise ;
- l'Oeuf et la Rimarde, ruisseaux
charmants et méconnus, qui plus au nord
feront naître l'Essonne ;
- le Cosson, aussi mystérieux
et secret que la Sologne qu'il traverse ;
- l'Aquiaulne et la Notreheure,
dont le nom dit toute la poésie ;
- le canal
de Briare, qui malgré
ce chef-d'œuvre absolu qu'est son pont-canal
enjambant la Loire, ne doit pas faire oublier
les autres voies d'eau voulues par l'homme,
canal
latéral à la Loire, canal
du Loing ou canal
d'Orléans…
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